
Osons le dire : marre. Marre de ces formules absurdes et creuses inventées par nos génies de la communication politique. Exemples ? Deux. A droite, la désormais célèbre «rupture tranquille» de Nicolas Sarkozy, maladroitement inspirée de la «force tranquille» de François Mitterrand. Autant l’original faisait-il encore sens (genre pas besoin de s’agiter sur sa chaise pour afficher sa stature), autant la parodie sarkozyste inspire-t-elle au mieux quelques plaisanteries justifiées. A gauche –second exemple – une expression que même en son temps Jean-Pierre Raffarin n’aurait rêver imaginer : ici, pas de «The yes needs the no to win against the no» mais de «l’ordre juste». Bon, vu d’ailleurs, la formule peut sans doute interpeller. Mais ici, dans notre bel Hexagone, tout le monde la reprend en cœur, quand bien même nul ne saurait véritablement ce qu’elle recoupe. Seule certitude, avec sa «rupture tranquille», le ministre de l’Intérieur peut aller se rhabiller. A défaut, au moins demander aux Renseignements Généraux de s’engager dans une opération d’espionnage «intellectuel», lui permettant de récupérer la prochaine formule de sa rivale avant même qu’elle ne l’utilise. Sait-on jamais, si l’élection se joue sur la force «créative», autant essayer de récupérer les meilleurs slogans, quel que soit le lieu où ils se trouvent…