mercredi, 14 février 2007

ABORTION STORIES

medium_BY_THANOS_KALAMIDAS.19.jpgIt’s strange how to balance between the two sides of the abortion argument, since they both have strong arguments and, when you have a kid, furthermore a daughter, both sides can tug sensitive chords in your personal life – either way, logic and science in this argument cannot win. I think the best way, at least for me, is to remember some personal stories that have formed my opinion.

Lire la suite

samedi, 03 février 2007

ABE’S JAPANESE’S DARK AGES

medium_BY_THANOS_KALAMIDAS.18.jpgI read it and I couldn’t believe it. So I read it repeatedly to realize what it was saying. A minister from Japan dared – that’s the mildest word I can come with – to say that women are “birth-giving machines”. If the man did that from naivety then Prime Minister Shinzo Abe has a problem and the health minister Hakuo Yanagisawa must definitely step down from the government immediately, but if he meant it then Japan has serious problem. In my brief passage from that beautiful country I keep the most poetic memories. Mainly because the people I met there introduce me into Japanese culture and sensitivity and one thing for definite was their appreciation to the women.

Lire la suite

mardi, 21 juin 2005

AFFAIRE BOUZIANE: LA CHARIA SERAIT-ELLE SUPERIEURE AUX LOIS FRANCAISES ET EUROPEENNES ?

Les propos de l’imam Bouziane au journal LyonMag, réitérés lors de l’Instruction, déclarant que le Coran autorisait à battre la femme infidèle, ont été considérés par le Tribunal de Lyon comme l’expression du droit à la liberté religieuse ! Le jugement a été curieusement motivé par un compte-rendu exhaustif des différentes lectures du Coran, même celle de Qaradawi, président du Conseil européen de la fatwa. L’imam étant interviewé en tant que religieux, le Tribunal a considéré comme normal qu’il cite sa religion. Il aurait été tout aussi normal que les magistrats, qui doivent dire la loi, réaffirment qu’aucune justification ne peut être alléguée pour inciter à un acte délictueux, même par voix de presse. Le Tribunal, désavouant le magistrat instructeur et le Parquet, a donc relaxé l’imam Bouziane en fonction de l’article 9 et 10 de la Cour européenne des droits de l’homme, sur la liberté de religion et la liberté d’expression, ne tenant aucunement compte de la protection des droits et liberté d’autrui affirmée dans ces mêmes articles qui limitent évidemment l’expression de la religion lorsqu’elle appelle à la violence.

Nous ne sommes pas dans l’exercice privé du droit d’exercer sa religion mais dans l’atteinte à la liberté d’autrui, les femmes en l’occurrence. Cela signifierait-il que les hommes musulmans seraient autorisés à battre leur femme et que les femmes ayant épousé un musulman devraient accepter les châtiments corporels pour prouver qu’elles sont bonnes musulmanes ? Cette loi permettrait-elle la répudiation, la polygamie, le jihad et la condamnation de l’homosexualité ? Stupéfaite par ce jugement, l’association « Regards de femmes » a immédiatement interjeté appel. Pour elle, les violences envers les femmes sont intolérables. Elles ne sauraient être justifiées sous prétexte religieux. Le Ministère public avait justement requis une peine sévère. Il serait choquant qu’il ne fasse pas appel de la décision.

Michèle Vianès est conseillère municipale déléguée à l’égalité hommes/femmes de Caluire

lundi, 03 janvier 2005

FEMMES HORS LA LOI

Quand l'offensive des extrémismes religieux menace les droits des femmes canadiennes et européennes

Depuis deux ans, les femmes canadiennes de confession ou de culture musulmane alertent sur la création d’un Institut islamique de justice civil (IIJC) en fonction de la loi canadienne «de l’arbitrage» datant de 1991. Cette loi autorise à régler à l’amiable les litiges de droit familial et successoral, en fonction de croyances religieuses. Dès lors qu’un arbitre tranche un litige, sa décision est finale et lie les parties qui peuvent s’adresser au tribunal séculier canadien local pour la faire exécuter. Un avocat, Siyed Mumlaz Ali, est à l’origine de cet Institut qui est chargé d’arbitrer les litiges familiaux au sein de la communauté musulmane selon les principes islamiques de la sharia, relatifs aux droits des femmes et aux droits successoraux. Pour lui, les «bons musulmans» ont l’obligation, en vertu de leur foi de ne s’adresser qu’à cette instance pour régler leurs différents» (1). A moins de se déclarer «mauvaises musulmanes», et l’on connaît les risques, les femmes seront tenues à accepter cet arbitrage, effectué par toute personne donnant des signes extérieurs de piété et ayant un groupe d’adeptes. Il n’y a ni qualification formelle, ni nomination officielle, ni voies de recours au sein des comités d’arbitrage de la communauté musulmane. Le «Conseil islamique des imams» a déclaré «que les arbitres se fient à leur intuition, leur bon sens. Ils sont tombés justes puisque leurs décisions n’ont pas été portées en appel devant un tribunal judiciaire.» (2) Selon les religieux, les changements dans les situations familiales «ne peuvent pas s’opérer par le biais d’une législation émanant du gouvernement, mais provenir de la communauté après avoir fait l’objet d’études, de discussions et d’interprétations sérieuses des textes sacrés.» (3). Des femmes faisant partie d’une coalition représentant trente-cinq mosquées de Toronto ont précisé qu’il fallait que les musulmans décident entre eux des rapports entre le droit Ontarien de la famille et la sharia, «autrement ce serait vexant (sic !).» (4)

Immédiatement les associations de femmes musulmanes canadiennes se sont insurgées contre ce désir de les enfermer dans les rapports sociaux de sexe archaïques patriarcaux. Il leur a été déclaré que le gouvernement n’avait pas le mandat d’intervenir pour empêcher le projet de suivre son cours, puisque l’IJCC se fondait sur la loi sur l’arbitrage ! Une grande campagne nationale et internationale a été lancée à l’initiative de Homa Arjamand, canadienne d’origine iranienne (pétition sur le site www.nosharia.com). Le combat a été relayé par les associations de femmes, musulmanes ou non, canadiennes ou d’ailleurs. Le barreau canadien a dénoncé de multiples vices dans les arbitrages, en particulier les décisions discrétionnaires, l’absence d’obligations de sentences arbitrales écrites, le secret de la procédure et de l’issue de l’affaire... Et surtout la non-conformité avec les principes d’égalité hommes/femmes, puisque selon la sharia, la femme n’est pas l’égale de l’homme, elle joue un rôle complémentaire, mais doit être traitée… de manière «équitable» ( ?!).

Le gouvernement a été contraint de demander l’avis du procureur général et de la ministre déléguée à la condition féminine. Ces derniers ont confié à Marion Boyd, ex-procureur général de la province de l’Ontario, une commission chargée de discuter avec les communautés religieuses concernées, catholiques, juives, musulmanes, bouddhistes. Son rapport nous apprend ceci : «Comme le droit canadien a été inspiré de principes religieux chrétiens, il est normal qu’il ne soit pas appliqué aux musulmans, puisqu’il se fonde sur des valeurs chrétiennes, comme la monogamie (sic !)».

Une coalition d’associations de femmes juives dénonce en particulier le fait que les femmes ne peuvent pas se faire représenter ou être accompagnées devant les tribunaux rabbiniques ! Elles animent des campagnes pour sensibiliser les femmes sur les dangers d’accepter l’arbitrage, elles n’auront pas de recours ensuite vis à vis des tribunaux séculiers. Les femmes musulmanes auditionnées ont rappelé qu’il y avait de nombreuses interprétations de la sharia et que le modèle patriarcal perpétué par les traditions s’opposait frontalement aux principes du droit canadien : possibilité d’épouser quatre femmes, répudiation unilatérale par le mari, les enfants appartiennent à la famille paternelle, l’époux peut «corriger» son épouse, les femmes doivent obéissance à leur mari et demander des autorisations pour se déplacer, avoir un tuteur de mariage, pas de pension alimentaire, le témoignage d’une femme vaut seulement la moitié de celui d’un homme, donc le témoignage du mari l’emportera sur celui de sa femme, etc. Homa Arjomand a déclaré : «Nous avons besoin d’un Etat laïque et d’une société laïque qui respectent les droits de la personne. …La sharia n’est pas seulement une religion, elle est aussi intrinsèquement liée à l’Etat. Elle contrôle tous les aspects de la vie de individus. L’individu n’a d’autre choix que d’accepter la règle s’il veut éviter des conséquences extrêmes car les non-croyants ne sont pas tolérés. (5) «Madame Boyd a conclu qu’ « aucune preuve ne ressort de l’étude pour suggérer que les femmes souffrent systématiquement de discriminations à la suite d’arbitrage en droit des familles» (6).

Dénoncer cette tentative, ailleurs, est indispensable. Sans oublier que des femmes en France sont également soumises à ces obligations shariatiques. En effet, en ne respectant pas la Constitution, les lois, en utilisant des lacunes dans le droit, la compassion insensée de certains, des islamistes peuvent opprimer leurs coreligionnaires, à commencer par les femmes. Les femmes étrangères vivant en France ou françaises d’origine maghrébine lorsqu’elles retournent dans le pays d’origine de leur famille se voient opposer le droit personnel de ce pays. Les accords bi-nationaux, acceptables lorsque l’état du droit est équivalent et leurs applications réciproques, ne le sont plus lorsqu’ils ont lieu avec des pays qui ne reconnaissent pas l’égalité des droits hommes-femmes ou qui pratiquent l’excision des fillettes. Le Haut Conseil à l’Intégration, dans son rapport de juillet 2003, dénonce le caractère contraire aux principes républicains. Pour la commission Stasi sur la laïcité, il est nécessaire de dénoncer les conventions internationales qui reconnaissent la polygamie et la répudiation. La France doit faire primer le droit du pays de domicile sur le droit du pays d’origine. Aucune mesure concrète n’a été prise dans ce sens, malgré les rappels incessants auprès des parlementaires et des ministères concernés. C’est pourquoi mariages de «jouissance», «pour les papiers», «d’intérêt» forcés (7), répudiation unilatérale par la volonté du mari, polygamie contractée à l’étranger, enfants confiés à la famille paternelle selon la filiation islamique, concernent des femmes et des enfants français ou vivant sur le territoire.

L’offensive des extrémismes religieux fait peser une menace sur les droits des femmes. Les régressifs de toutes les religions, catholiques intégristes, juifs orthodoxes, fondamentalistes protestants, islamistes, bouddhistes, hindous, sikhs, ont le même objectif : le retour à la vocation démographique et morale assignée aux femmes. En Europe également, malgré la sécularisation de la société, les intégristes religieux tentent d’assujettir les femmes, plus particulièrement les jeunes, pour influer sur le politique. C’est pourquoi, dans la brochure «Parité, Le Conseil de l’Europe et la participation des femmes à la vie politique», éditée par le Conseil de l’Europe en avril 2004, Mariette Sineau conclut : «Pour que le religieux – si prompt à assujettir les femmes (en particulier les plus jeunes), à les enfermer dans un statut de dominées - ne dicte pas sa loi au politique, il apparaît urgent de diffuser auprès des opinions européennes les notions de laïcité, de séparation de l’Eglise et de l’Etat et de distinction entre le temporel et le spirituel. De veiller à leur application dans un certain nombre de lieux publics, à commencer par l’école, là où s’apprennent et se perpétuent les normes républicaines et égalitaires. A l’avenir le Conseil de l’Europe pourrait avoir pour mission prioritaire de réactiver «le pacte laïque» c’est-à-dire que la laïcité soit affirmée comme valeur fondatrice des démocraties. La laïcité est bel et bien indispensable pour réussir l’intégration de tous à la res publica, comme pour achever l’émancipation des femmes vis à vis des pères, des frères, des maris».

Par Michèle Vianès - conseillère municipale déléguée à l’égalité hommes/femmes de Caluire

Notes

Notes 1 à 6 : Rapport Boyd
Note 7 : Pour plus de précisions, voir mes ouvrages, Un voile sur la République, éditions Stock, chapitre sur la charia en France, pp 142 et sq , et Les islamistes en manœuvre Silence, on manipule, éditions Hors commerce, analysant la fatwa 17 du chapitre consacré au mariage et au divorce du Recueil de fatwas du Conseil européen des fatwas et de la recherche, sous la direction du Cheikh Yusuf El Qardawi, préfacé par Tariq Ramadan, publié chez Tawhid (2002).

Liens connexes:

Le débat sur les tribunaux islamiques - Va-t-on permettre l'application d'un système répressif à l'endroit des musulmanes au Canada? - Vida Amirmokri (Le Devoir - 17 décembre 2004)
Boyd Report Pushes Women's Rights in Canada Back 1400 Years - Arjomand Calls for Public Hearing (International Campaign against Shari'a court in Canada - 20 décembre 2004)
Une sénatrice belge critique envers les musulmans menacée de mort (AFP - 17 novembre 2004)